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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Accompagner la vie, soins palliatifs

Ce 11 octobre, journée mondiale des soins palliatifs.

En France, 140 000 personnes ont bénéficié d'une prise en charge en soins palliatifs. 70% des Français souhaitent décéder chez eux. Or 70% vont mourir à l'höpital.

Vincent Morel, médecin au CHU de Rennes et président de la société d'accompagnement et de soins palliatifs, explique:

"Il s'agit d'accompagner la fin de vie et non la mort".

Aborder la question avec espérance, lucidité.... et foi.

Au synode de Lyon de 2013, l'Eglise protestante unie a adopté un texte sur la fin de vie:

http://synodelyon2013.fr/messages_synode/EPUdF_synode_lafindelaviehumaine.pdf

En voici le début:

A propos de la fin de la vie humaine
Le synode n’ambitionne nullement de prescrire des consignes, ni d’exprimer une parole définitive sur
une question qui touche au plus intime et à l’ultime de chaque vie. Nous refusons de croire que,
devant la maladie, la souffrance et la mort, il puisse y avoir un cadre rigide qui définirait ce qu’est la
dignité, la liberté individuelle ou la responsabilité collective. Mais nous osons humblement rappeler
notre conviction, celle qui fonde la foi chrétienne : c’est le regard que Dieu pose sur chaque vie qui
confère à celle-ci sa dignité, sa liberté et sa responsabilité. Et nous croyons que la vocation des
Eglises s’accomplit d’abord dans l’accompagnement discret et respectueux de toutes ces situations
personnelles et uniques.
Préambule
1. L’Eglise protestante unie de France est plurielle. En matière d’éthique, les approches sont diverses. Il n’y a pas
une seule éthique protestante.
2. Nous nous efforçons d’articuler des questions contemporaines à propos de la fin de la vie humaine 1, avec les
données des Ecritures bibliques
2 et avec les convictions théologiques fondamentales sur lesquelles reposent les
orientations éthiques du protestantisme luthéro-réformé 3. Cela vaut en particulier pour ce qui concerne le sens de
la vie : pour nous, la vie est donnée par Dieu, mais elle n'est pas sacralisée et elle prend sa pleine signification
selon le cadre relationnel dans lequel elle s’inscrit.
3. Les réflexions qui suivent font appel à la responsabilité personnelle, dans une perspective de culture du débat.
Les repères et les ressources qu'une personne peut trouver dans la foi concernent potentiellement tous les
humains, mais ceux-ci sont libres de ne pas y adhérer. La réponse d'un sujet en face de son Dieu ne peut pas
servir de référence pour la multitude qui ne partage pas cette foi.
4. Ce débat ne doit jamais se réduire à l’échange d’arguments, ni même à une conversation entre des conceptions
philosophiques ou religieuses. Il s’agit ici d’êtres humains en fin de vie, de leur famille, de leur entourage, de
personnes exerçant une responsabilité médicale et paramédicale, et de la possibilité pour chacun de rester
« vivant jusqu’à la mort »
4. Ces questions universelles ne sont jamais détachées de situations singulières, de choix
individuels et de l’impact collectif de ces choix sur les plans social, économique, moral, juridique, etc.

1 « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou
psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance
médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. » Proposition n° 21 de François HOLLANDE, Mes 60 engagements pour la France, élection
présidentielle 22 avril 2012.
« Chaque jour voit croître dans notre société une revendication très largement majoritaire (entre 80 et 90% selon les sondages d'opinion) de
personnes répondant positivement à une demande de légalisation de l'euthanasie. Il ne s'agit pas de revendications simplistes ou naïves de
personnes qui n'auraient pas compris la question. Il s'agit d'une demande profonde des personnes interrogées, de ne pas être soumises dans
cette période d'extrême vulnérabilité de la fin de vie à une médecine sans âme. » Penser solidairement la fin de vie. Rapport au Président de
la République (dit Rapport Sicard), Paris, La documentation française, 2013, p.14.
2 Nous pouvons nous référer à l'Ecriture et à Celui qui en est le centre, et nous interroger sur la place que nous accordons à l'interprétation de
la mort et de l'agonie d'un homme (Jésus-Christ) qui assume, en relation avec « son Dieu », une mort considérée comme indigne et qui vit
l'expérience du sentiment d'abandon.
3
L’amour inconditionnel de Dieu pour chaque homme ; la justification par la foi seule et non par nos mérites ; la distinction entre l'homme et
Dieu, sans déni de la finitude.
4 En écho au titre de l’ouvrage posthume de Paul RICOEUR, Vivant jusqu’à la mort, Paris, Editions du Seuil, 2007.Eglise protestante unie de France, Synode de Lyon 2013 2 A propos de la fin de la vie humaine
Une dignité comprise de diverses manières
5. Le terme dignité apparaît d'une façon centrale dans les débats d'actualité concernant la fin de la vie humaine.
Insister sur une vie digne et sur une fin de vie dans la dignité peut ainsi prendre différents sens.
6. Tout d’abord la dignité de l’homme peut être considérée subjectivement comme liée à la liberté de l'être humain
devant Dieu et à son autonomie. Cette compréhension insiste sur le respect des choix de vie du sujet, y compris
celui de décider, éventuellement, de sa mort. C’est le regard que le sujet porte sur lui-même qui compte et non
celui que pourraient porter les autres sur lui.
7. Mais cette dignité comporte aussi une dimension d’extériorité, reçue et accueillie comme la vie. La dignité de
tout être humain demeure indépendamment de son regard et de celui que les autres portent sur lui. Il s’agit alors,
pour le croyant, de la possibilité de s’abandonner de manière consciente et voulue à l’amour de Dieu. Dans cette
perspective, l’humanité et la dignité d’une personne ne dépendent que de l’accueil divin, donc de la grâce de
Dieu5.
8. Enfin, la dignité peut se concevoir sans référence aucune à une transcendance, mais au contraire être
considérée comme inhérente à la personne, singulière, qui peut lui donner sa propre définition (....)

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