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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte 2 novembre: le besoin de reconnaissance.

Ce culte du 2 novembre 2014 est assuré par Michel:

Frères et sœurs, nos brouettes, nous les avons placées dans la réserve au fond du jardin pour faire une pause dans toutes nos activités et pour goûter ce délicieux et bien mérité repos.

Oui, nous les avons rangées pour un temps, pour nous mettre à l'écoute de l’Évangile et laisser cette bonne nouvelle faire sens en nos vies.

Ce repos nous est offert, par Dieu, comme un temps de grâce.

Que le grâce et la paix vous soient multipliés par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur.

Trois lectures évangéliques sont proposées:

Évangile selon Luc chapitre 14 versets 7 à 11

« La façon de choisir une place »

Évangile selon Marc chapitre 10 versets 35 à 45

« Les premières places mesurées à l'aune du service »

Avant notre texte du jour, je vous invite à vous lever pour chanter les strophes 1 et 4 du psaume 95 : « Réjouissons-nous au Seigneur »

Évangile selon Matthieu Chapitre 23 versets 1 à 12

« Reproches de Jésus aux chefs religieux »

prédication:

Le lien qui relie les trois textes que nous venons d'entendre est évident : il s'agit du thème de la première place.

En Matthieu 23, Jésus nous parle du comportement de certains pharisiens. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ils aiment la première place dans les repas, les premiers sièges dans les synagogues et les salutations sur les places publiques . Pour ces pharisiens, rien n'est donc fait simplement, gratuitement.

Au contraire, tout est accompli pour obtenir louange et reconnaissance. Celles-ci priment alors sur toutes les autres valeurs. Et c'est uniquement ce besoin d'être reconnu et d'occuper une place en vue, voire la première place, qui guide les actes et la vie de ces pharisiens.

La parabole des invités de Luc 14 aborde un thème identique.

En effet, l'homme qui s'installe à la première place est semblable à nos pharisiens. Comme eux, il est dominé par un besoin de notoriété, voire par une soif de puissance sociale, au point d'imposer aux autres cette reconnaissance qu'il attend d'eux .

Comme les pharisiens, il est uniquement guidé par l'égoïsme, l'égocentrisme, le narcissisme et la volonté de toute puissance à l'égard des autres, qu'il veut dominer.Mais à sa grande confusion, il se fera remettre à sa place, sa juste place, par le maître de cérémonie.

Dans cette même parabole, le sage quant à lui, ne s'expose pas à un tel risque. Il sait bien que la reconnaissance doit venir d'autrui et non de sa propre initiative. Il sait bien que ce n'est pas son besoin de reconnaissance qui doit guider ses actes et sa vie.

Il n'est toute fois pas non plus question de nier cette quête de notoriété au nom d'une prétendue humilité. De plus, la parabole de Jésus ne dit pas que le sage doit refuser l'invitation d'aller s'asseoir plus haut et rester à sa place !

Marc 10 nous rappelle enfin l'ambition affichée de Jacques et de Jean, les fils de Zébédée, surnommés fils du tonnerre en raison de leur caractère très impulsif.

Donne-nous, demandent-ils à Jésus, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche dans ta gloire . Leurs dix collègues, ayant entendu cela, commencèrent bien entendu à s'indigner.

Mais Jésus démina de suite cette situation explosive en rappelant que l 'autorité doit avant tout contribuer à faire grandir, par des relations coopératives, que ce soit un individu, un groupe ou une communauté.

En rappelant également que l'autorité ne doit pas devenir un sinistre jeu de pouvoir, pouvoir qui se conquiert, se garde et se défend par des relations compétitives, destinées à atteindre puis à rester à la première place.

Culte du dimanche 02 novembre 2014 7

PREDICATION (suite)

Ce thème de la première place est donc très présent dans les évangiles. C'est dire toute l'importance que comporte cette notion. Quel message peut-on alors en retirer aujourd'hui ?

Chaque être humain possède une valeur, une dignité que chacun perçoit et ressent. Ainsi, la quête de reconnaissance sociale ressort de l'être même de chaque humain. Ce besoin de reconnaissance est des plus naturels et des plus légitimes. Mais ce besoin peut connaître deux forme de dérèglement : son hypertrophie ou, au contraire, son atrophie.

L'hypertrophie de la quête de reconnaissance, c'est ce mal dont souffrent les pharisiens lorsqu'ils font toutes leurs actions uniquement pour être vus. Lorsqu'ils n'aiment que la première place dans les repas ou que les premiers sièges dans les synagogues. Lorsqu'ils ne se déplacent dans l'espace public que pour y être reconnus et salués de façon toute officielle !

L'hypertrophie de la quête de reconnaissance, c'est aussi cette pathologie que l'on peut diagnostiquer chez la personne de la parabole qui s'installe de sa propre initiative à la première place, sans qu'on l'y ait invitée !

La forme inverse du mal dont nous venons de parler, l'atrophie du besoin de reconnaissance, pose également problème. En effet, elle est à mettre en rapport avec un complexe d'infériorité paralysant, voire même une haine de soi empêchant de s'accepter tel que l'on est, en laissant de côté les fantasmes de ce que l'on voudrait être.

La réponse de Jésus aux fils de Zébédée présente une option intéressante pour ces deux types de dysfonctionnement. « Vous savez, dit le Seigneur, que ceux que l'on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il ne doit pas en être de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur. Et quiconque veut être le premier parmi vous sera l'esclave de tous. Car le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir. »

Jésus nous invite donc au service. Il nous demande d'être des serviteurs. Il souhaite notre collaboration et nous appelle à travailler avec lui et pour lui.

Ce service sera toutefois très particulier car avec un maître comme Jésus, on peut se mettre au travail très paisiblement, sans être effrayé ni troublé. Il ne s'agira pas pour nous de porter des tâches, des engagements ou des responsabilités qui nous dépasseraient. De plus, on sait qu'avec Jésus, dont la lucidité à l'égard de nos incapacités n'est dépassée que par l'amour qu'il nous porte, toute erreur sera pardonnée, tout raté effacé. Son infini dépasse nos faiblesses. Sa grâce dépasse notre péché .

Alors, ce qui est important n'est donc plus de mesurer notre efficacité, ou notre impuissance, notre habileté, ou notre maladresse. Non, ce qui est important est de comprendre que Jésus a besoin de nous parce qu'il nous aime. Ce qui est important est sa volonté de nous employer à son service et au service des autres ainsi que sa grâce qui nous confie diverses tâches.

Nous voilà à présent à notre place, notre vraie place, où l'orgueil et la paralysie, à mettre respectivement en rapport avec l'hypertrophie et l 'atrophie de la quête de reconnaissance, n'ont plus du tout lieu d'être.

Pour Jésus, c'est donc bien l'esprit de service qui devra et pourra soigner tout dysfonctionnement du besoin de reconnaissance. Ceux qui sont atteints par l'hypertrophie de ce besoin apprendront par le service à donner priorité aux besoins des autres. Ceux dont le besoin de reconnaissance est atrophié apprendront, quant à eux, à dépasser leur complexe d'infériorité en se montrant à la hauteur du service d'autrui. Et l'amour du prochain pourra également les aider à s'aimer eux-mêmes, c'est-à-dire à s'accepter tels qu'ils sont.

« Que celui qui veut être grand parmi vous se fasse serviteur. Que celui qui veut être le premier parmi vous apprenne à servir les autres. »

Même si nous ne présentons pas forcément de pathologies par rapport à notre besoin de reconnaissance, nous sommes tous concernés par ces propos de notre Seigneur. Car tous, nous avons besoin d'être reconnus dans notre valeur et notre dignité propres. Alors, rappelons-nous simplement que c'est aussi par le service que notre quête de reconnaissance pourra trouver sa juste mesure.

Dieu, notre Dieu, ce Dieu d'amour, s'est en effet fait serviteur et il nous aime comme on n'a jamais aimé. Puissions-nous devenir complètement disponibles pour le louer et le servir à notre tour. Puissions-nous avoir assez d'humilité, de délicatesse, d'intégrité et d’ouverture d'esprit pour cela. Puissions nous accepter la mission qu'il nous a confiée pour ce monde, en y faisant régner paix et justice, en y prenant la défense des faibles et des opprimés, en y faisant connaître la Bonne Nouvelle.

Et rappelons-nous les premières phrases entendues lors de ce culte (nos brouettes) : désormais, et même s'ils ne seront pas toujours très légers, les fardeaux que nous aurons à porter en tant que serviteurs ne seront plus tout à fait des fardeaux ; car nos frères ne pourront plus jamais être considérés comme des fardeaux.

AMEN

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