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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte de l'épiphanie à Granville

Denis anime le culte de l'épiphanie à Granville

Qu’est ce que l’épiphanie ? C’est le dernier jour dans la tradition chrétienne et protestante du temps de Noël. Ce temps a commencé ici, à Granville, le dimanche 21 décembre avec le culte de la nativité, il s’est poursuivi avec la nuit et le jour de Noël, il se terminera le 6 janvier.

Epiphanie est un mot grec qui veut dire manifestation, apparition. Manifestation de qui ? de Jésus bien sûr. Et au début de l’histoire du Christianisme, on ne fêtait la naissance de Jésus qu’à l’épiphanie, la fête de Noël est venue plus tard.

Deux lectures de la Bible ont été effectuées:

1ere lecture : I Samuel 8

2eme lecture : Matthieu 2 : 1-12

Voici la prédication proposée:

Prédication : Un roi ? Des rois ?

Tout à l’heure, nous allons partager la galette. Peut être chez vous un enfant sera sous la table et on dira:" à qui la part ?" puis " Qui est le roi ?"

Dans les deux textes que nous avons lus, il est question de rois.

Le premier texte, tiré de l’Ancien Testament, nous place dans une situation politique où Israël n’a pas de roi. Les Israélites vivent en autonomie avec pour seule instance de régulation, des juges. Mais tout ne se passe pas bien. Des juges sont coupables de corruption, nous dit le texte. Rien de nouveau sous le soleil. Alors les anciens vont en délégation auprès du prophète Samuel : on veut un roi, comme les autres nations. Cette demande ne plait que très moyennement à l’Eternel. C’est intéressant d’entendre les objections que selon la Bible Dieu donne : Ok tu veux un roi, eh bien voici ce que tu vivras avec un roi : d’abord vous aurez des servitudes militaires car le roi d’Israël comme les autres rois, aura une politique étrangère, Israël aura ses ambitions extérieures et pour entretenir une armée, le roi aura besoin du peuple comme soldats.

Ensuite, il faudra entretenir les services de ce nouvel Etat, alors vous paierez des impôts, vous subirez des prélèvements. Enfin il vous asservira. Amertume de Dieu qui veut les hommes libres et voit ces hommes se ruer dans la servitude. Israël vivait dans ce mythe fondateur de l’exode : Dieu libérant son peuple de l’esclavage d’Egypte. Et voilà qu’ils veulent retourner à une autre forme d’asservissement. Vous avez vu à la fin du texte, les israélites ne tiennent aucun compte de l’avis de Samuel. Ils veulent un roi, par conformisme (faire comme les autres), par refus de prendre leurs responsabilités (ils préfèrent déléguer à un roi qui les jugera), par le goût de la gloire (l’envie d’un roi qui les mène au combat). Dieu laisse faire Israël, mais ne cautionne pas. Avec leur roi, les Israélites devront assumer. Intéressant.

Dans le deuxième texte, il y a un roi en place. C’est Hérode le Grand qui règna de 37 à 4 avant notre ère sur la Judée, nommé par le sénat romain, habile politique, grand bâtisseur. L’envers du décor, ce furent des impôts écrasants et une oppression politique ; la fin de son règne est marqué par un fort espionnage politique : dans l’ombre des Romains, Hérode veut à tout prix garder le pouvoir. C ’est dans ce contexte que Jésus nait et que se situe l’intrigue de ce texte : « Jésus étant né du temps du roi Hérode ». Jésus est né à l’époque de deux hommes de pouvoir : Hérode roi des Juifs, sous la dépendance d’Octave Auguste, premier empereur romain. Voici qu’arrivent des mages : ce sont des savant versés dans l’astrologie. Ils observent les astres et croient y voir des révélations. Les civilisations antiques étaient très tournées vers l’astrologie. Le texte biblique ne nous dit pas qu’ils sont trois, ni qu’ils sont rois. Ils viennent de l’orient, de l’Irak peut-être. Curieux qu’ils s’enquièrent du roi des juifs. On note leur persévérance et le trouble très compréhensible qu’ils créent chez Hérode en annonçant un roi. Je vous propose ce matin deux pistes de réflexion:

l’une politique : vigilance vis-à-vis du pouvoir, des pouvoirs. L’astre ne se pose ni sur la cour d’Hérode à Jerusalem ; ni sur le sénat romain, mais sur une maison où est né un enfant d’une famille pauvre.

l'autre théologique: avec l'épiphanie, nous annonçons que le Tout Autre, L'Eternel, s'est manifesté sous les traits d'un petit enfant, le fils de Marie, le fils adoptif de Joseph. Dieu choisit non seulement de parler comme comme nous mais de vivre comme nous. Il choisit de devenir un petit enfant qui ne peut pas vivre sans la protection des adultes. Les mages, des étrangers, sont parmi les premiers à comprendre cette manifestation: « Ils éprouvèrent une très grande joie». Nouvelle qui est une « bonne nouvelle » : c’est le sens du mot « Évangile ». C'est notre Evangile à Granville ce matin.

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