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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte Granville, "une journée à Capharnaüm"

Ce premier février Michel nous propose un culte qui a pour thème "une journée à Capharnaüm"

Voici les lectures proposées:

Deutéronome chapitre 18 versets 15 à 20

« Faux prophètes et vrai prophète »

Évangile selon Marc chapitre 1 versets 21 à 28

« Une journée à Capharnaüm : le matin »

Avant de lire la suite de cette journée, je vous invite à vous lever pour chanter au psaume 81 : « Que nos chants joyeux », les strophes 1, 3 et 8.

Évangile selon Marc chapitre 1 versets 29 à 39

« Une journée à Capharnaüm : suite »

Culte du dimanche 01 février 2015 6

PREDICATION

Le texte proposé aujourd'hui, ne correspondait qu'à la première partie de ce que l'on appelle souvent : « La journée de Capharnaüm » , c'est à dire le matin.

Je n'ai pas souhaité dissocier les faits de cette journée « et même l'aube du lendemain » et vous comprendrez pourquoi au cours de cette méditation.

Coup sur coup et en l'espace d'une seule journée, du culte matinal jusqu'au coucher du soleil :

  • un service à la synagogue, au cours duquel Jésus est interpellé par un possédé,
  • un repas familial chez la belle-mère de Pierre, précédé d'une guérison un peu surprenante,
  • une manifestation de masse où de nombreux malades viennent chercher la guérison,
  • puis le soir venu, disparition de Jésus !

Un rythme...... à la Sarkosy !

On comprend que, le soir, Jésus ait eu besoin de retrouver un peu de calme.

Ce petit récit du début de l’Évangile de Marc a de tout temps étonné, surpris les commentateurs. Pourquoi toute cette précipitation, comme si Jésus allait disparaître avant d'avoir commencé son ministère ?

Sans qu'elle explique tout, la place de ce texte, tout au début de l’Évangile de Marc, est déjà significative. Premier rédigé des Évangiles, Marc se situe à la charnière entre le temps du souvenir oral, celui de l'aventure vécue par Jésus avec ses disciples puis racontée ensuite directement par eux, et le moment où ces souvenirs vont être mis par écrit pour les générations à venir. C'est le moment où les premiers apôtres s'élancent sur les routes pour dire : « écoutez ce qui s'est passé. »

Le déroulement de la journée est lui-même plein de sens. Tout commence à la synagogue. Les premiers chrétiens ont d'abord vécu à la synagogue, mais leur prédication, comme celle de Jésus, va y créer des problèmes, on va les mettre dehors.

L'aventure va donc ce poursuivre dans les maisons, ici celle de la belle-mère de Pierre. Les signes de guérison accompagnent leur prédication.

La maison va rapidement se révéler trop petite pour la foule qui en veut plus. La suite de l'aventure se passera dans la rue, elle va concerner tout le voisinage.

Puis, comme au jour de l'Ascension, Jésus va disparaître. On le cherchera partout, mais son dernier message invite clairement à proclamer l’Évangile en tous lieux.

La « journée de Capharnaüm », un petit résumé, en tête de l’Évangile, qui raconte comment on est passé du temps de Jésus à celui des apôtres, puis à la mission.

Culte du dimanche 01 février 2015 7

PREDICATION (suite)

Quatre temps forts dans ce récit, qu'il vaut la peine de regarder de plus près : matin, midi, soirée et la surprise de l'aube !

1° Le matin :

La guérison du possédé dans la synagogue de Capharnaüm. Une remarque cependant : la venue de Jésus jette le trouble dans le culte habituel de la synagogue et pour deux raisons au moins.

1°- Il enseigne avec autorité et non comme les scribes. Petit coup de pied au ronron religieux habituel !

Marc fait de ce récit une sorte d'illustration de ce que les premiers chrétiens sont en train de vivre. Ils sont d'abord restés dans les synagogues, comme un courant, une tendance du judaïsme de l'époque : des Juifs qui avaient reconnu en Jésus de Nazareth la venue du Messie annoncé par les prophètes.

2°- deuxième raison, reconnaître en Jésus ce Messie, cela fait du bruit et dérange les habitudes. Car … Jésus fait ce qu'il dit. Les signes accompagnent sa Parole. Le texte nous dit : « Sa renommée se répand partout et jusqu'en Galilée. »

Avec Jésus, l Évangile fait sortir du temple, pour aller dans la rue.

2° Midi :

On est sorti de la synagogue. Ces premiers chrétiens ont dû quitter le milieu juif qui ne les supportait plus. Ils se retrouvent dans une maison. C'est le temps des premières communautés se réunissant dans les maisons.

Et pas n'importe quelle maison, celle de Simon-Pierre, et d'André. Jacques et Jean les accompagnent, nous avons là réunis tous les grands témoins de la première Église !

Pourtant la scène qui suit est assez scandaleuse et j'espère qu'elle vous a révoltées mes sœurs.... La belle-mère de Pierre est au lit, un peu de fièvre, dit le texte, un début de grippe, peut-être ! Jésus s'approche d'elle, sans même lui parler, la fait se relever pour qu'elle aille vite à la cuisine et les serve. Fini la récréation, au boulot, et les femmes à la cuisine !J'exagère peut-être un peu ; mais ce texte a surpris et même scandalisé et pas seulement les féministes ; les premiers choqués seront les évangélistes, Matthieu et Luc, qui reprendront le récit, mais en corrigeant quelque peu. Soulignant d'abord que la femme a beaucoup de fièvre, ensuite que Jésus la prend par la main et la guérit, et enfin que c'est seulement, une fois guérie, qu'elle se lève et reprend spontanément son service.

Nous avons peut-être dans ces évolutions une confidence des premiers chrétiens sur la manière dont ils ont petit à petit compris ce que la venue de Jésus venait de bouleverser y compris dans les relations : hommes-femmes. Pas question de se résigner, de s'enfermer dans ses habitudes, ses problèmes, ou ses maladies. Une urgence plus grande est là qui nous attend et nous met debout .

Culte du dimanche 01 février 2015 8

PREDICATION (suite)

3° Vient alors le soir :

Vous entendez ce bruit dehors ; la ville entière est rassemblée devant la porte de la maison. Le texte nous dit : « Jésus guérit de nombreux malades, souffrant de maux de toute sorte, et il chassa de nombreux démons. »

Ici encore on peut être choqués par la manière dont Jésus est présenté comme une sorte de guérisseur miraculeux ! Mais telle était la manière habituelle et populaire de saluer l'intervention de Dieu chez un de ses envoyés. On le retrouve chez nombre de prophètes et Marc reprend ici leur langage habituel.

Pourtant rien de magique chez Jésus. Il rend à la vie et à leurs activités ceux qui étaient laissés pour compte, résignés, les traîne-misère, les S.D.F de l'époque. Il les fait passer du pouvoir du diable qui les enchaîne, à la lumière de Dieu qui leur rend leur liberté.

Cela se passe hors de la synagogue, dans la rue et en présence de toute la ville. L’Évangile court dans la rue, dans la vie . C'est là que Jésus nous envoie !

4° dernier épisode : la surprise de l'aube !

Le jour se lève, catastrophe : Jésus a disparu ! Tout le monde court à sa recherche.

On ne peut s'empêcher, à la lecture de ce passage, de percevoir une fois encore la grande inquiétude du premier siècle : Jésus n'est plus là ! Reviendra-t-il marcher sur nos chemins ?

Pierre et ses compagnons (ce n'est pas un hasard !) le cherchent et le trouvent. Il est en un lieu désert et il prie. Il est auprès du Père. On fait généralement de ces moments de prière solitaire de Jésus, une exhortation pour nous à prier aussi. Une exaltation de la vie contemplative et priante.

Ce n'est certainement ni faux ni inutile. Mais à regarder le texte de près, il faut bien constater que ce n'est pas suffisant. Jésus ne sépare jamais la vie contemplative de la vie active. Écoutons plutôt la réponse de Jésus à l'inquiétude de ses disciples qui le cherchent. Non pas : « Vous feriez bien de prier vous aussi » mais : « Allons ailleurs dans les bourgs voisins, pour que j'y proclame aussi l’Évangile, car c'est pour cela que je suis venu du Père. »

Rien n'est plus urgent que cette annonce de l’Évangile jusqu'au bout du monde.

Mais attention, encore une fois, à ce que dit le texte, il ne s'agit pas d'un grand branle-bas médiatique et de l'annonce d'un message uniquement spirituel ou religieux.

Et le texte dit : « Il alla par toute la Galilée, il prêchait dans leurs synagogues, et chassait les démons ».

Pour ces premiers chrétiens : pas d'appel à déserter leurs synagogues d'origine. Allez dans les synagogues et prêchez-y l’Évangile !

Pas d'appel aux chrétiens d'aujourd'hui à déserter leurs Églises, mais un ferme appel à y faire retentir l’Évangile !

Mais attention, il n'est pas de prédication de l’Évangile qui ne s'accompagne d'actes visibles. « Il prêchait ET il chassait les démons... »

En chasse donc, contre les démons d'aujourd'hui. Vous connaissez leurs noms : spéculation, consommation, concurrence acharnée, pollution, résignation, racisme, chacun pour soi – à commencer par les plus favorisés – dehors les sans-papiers, dehors les juifs assassins, les arabes terroristes et tous les sous développés !

Sans oublier les démons que nous flattons en secret ! Notre entretien de ce matin nous permettra, je l'espère, d'en appeler certains par leurs noms.

Une journée à Capharnaüm ! Et pourquoi pas à Granville ?

Mes amis, que de belles journées devant nous pour une Église qui sort de chez elle au seuil d'une année nouvelle !!!!!!!!!!

AMEN

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