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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte St Lô, vous avez dit "prophète"?

Chantal, ce dimanche 19 avril, anime le culte.

Elle propose cette très belle prière:

Écouter la « Parole de Dieu « , cela paraît toujours simple.

Pourtant autour de l'idée de la « Parole de Dieu « s'ouvre tout un champ de questions.

D'abord, c'est supposer que Dieu parle

Ensuite, que sa parole nous parvienne.

Et aussi que nous soyons porteurs de cette Parole .

Ce matin nous sommes ensembles et je vous propose de prendre le temps d'écouter pour réfléchir à ce sujet.

Qui sommes-nous pour parler de Dieu ? Nous sentons bien que l'expression de notre foi est approximative ; pourtant, tout au fond de nous, s'élève un chant, une prière, une louange à Dieu. Un élan de nous-mêmes vers celui qui est, qui était et qui vient. Un dépassement du temps humain pour entrer dans le temps de Dieu.

La lecture biblique sur laquelle porte la prédication de Chantal, inspirée par Christine RENOUARD, est dans Deutéronome, qui est en quelque sorte le testament spirituel de Moïse au chapitre 18 :

voici les propos que Moïse, avant sa mort, rapporte au peuple ;

propos que Dieu lui a adressés :

« C'est un prophète comme toi que je leur susciterai au milieu de leurs frères ; je mettrai mes paroles ans sa bouche et il leur dira tout ce que je leur ordonnerai.

Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles, celles que le prophète aura dites en mon nom, alors moi-même je lui en demanderai compte.

Mais si le prophète, lui, a la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai pas ordonné de dire, ou s'il parle au nom d'autres dieux, alors c'est le prophète qui mourra. «

Selon le texte que je viens de vous lire, Dieu annonce qu'il mettra ses paroles dans la bouche de celui qui succédera à Moïse. Cette assurance, il l'avait donnée autrefois à Moïse lui-même, dans les mêmes termes. Il la renouvellera plus tard au prophète Jérémie.

Par là, Dieu annonce son intervention directe, comme si les prophètes étaient incapables de parler de Dieu par eux-mêmes. Puis,

Dieu assortit cette assurance d'une sévère mise en garde :

« si le prophète, lui, a la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai pas ordonné de dire, ou s'il parle au nom d'autres dieux, alors c'est le prophète qui mourra. «

Pourquoi Dieu prend-il tant de précautions ? Pourquoi se méfie-t-il ainsi des hommes ?

Mais qu'y a-t-il donc dans la bouche d'un prophète, pour que Dieu doive y mettre lui-même ses paroles ?

Parfois, il n'y a …... RIEN, dans la bouche d'un prophète.

Pas de force, pas de compétence, pas de mots. RIEN

Dans de nombreux récits, nous retrouvons l'appel adressé par Dieu à des hommes, les prophètes qui hésitent devant cet appel.

Ils ne se sentent pas prêts, pas compétents pour servir Dieu.

Moïse affirme :

« Je ne suis pas doué pour la parole, j'ai la langue lourde « .

Jérémie proteste :

« Je suis trop jeune « .

On classe habituellement ces propos comme stéréotypés, dans une phase « d'objection « , un peu comme un prétexte fallacieux pour ne pas se mettre au service de Dieu

mais ce n'est vrai qu'en partie. Ces hésitations des prophètes rendent compte, je crois, de leur véritable difficulté à parler de Dieu et je pense que c'est aussi notre cas.
Quels mots pourront parler de Toi ?

Tu es au-delà de tout discours.

Tu es au-delà de toute pensée, dit Grégoire de Nysse dans la prière

en conclusion : « Saint, saint, saint est le Seigneur ! ». Nous pourrions dire aussi : le Seigneur est à part, séparé.

Alors nous nous reposons la question : Qu'y a-t-il dans la bouche des prophètes pour que Dieu doive y mettre ses paroles ?

Parfois Rien est c'est toujours mieux que TROP ; simplement parce que trop peut indiquer que le prophète peut être tenté, à cette époque, de parler au nom d'autres dieux, de dieux des cultures avoisinantes d'Israël qui exerçaient une forte attraction ?

Ce que la Bible appelle de faux prophètes, donc qui ne le sont pas,

des hommes ou des femmes autoproclamés.

Le prophète Jérémie essaie à plusieurs reprises d’échapper à la parole de Dieu mais celle-ci « l'envahit comme un feu brûlant « dit-il.

Il doit parler au risque de perdre sa tranquillité, sa liberté, voire sa vie.

Les vrais prophètes témoignent de Dieu autant par leur vie que par leurs paroles.

Bien que nous ne soyons pas de prophètes, ce texte nous concerne aussi car nous risquons nous aussi de parler au nom d'autres dieux.

Ils se nomment : volonté de pouvoir,défense de nos propres intérêts !

Comme Moïse et Jérémie, nous voudrions parfois parler de Dieu mais nous nous sentons si petits, si maladroits ; par exemple près d'un proche qui est malade ou dans la détresse et nous ne trouvons pas les mots. Nous restons sans voix quand il nous faudrait trouver une parole qui console, qui apaise ou qui remette debout.

Parce que la souffrance, le malheur, dans leur démesure, nous laissent sans voix, écrasés par un sentiment de petitesse. Nos lèvres ne sont que « buée « comme dit le livre de l'Ecclésiaste, c'est à dire un rien quelque chose de vain, sans consistance ni force et non le souffle de l'esprit de Dieu qui peut déplacer des montagnes et cette attitude nous rend tristes.

Mais il n'y a pas que la parole qui soit langage. Si Dieu nous habite, nous saurons exprimer la vérité intime qui nous anime, par une autre lumière des yeux, la lumière claire de l'espérance, par une autre voix, la voix calme de la paix de Dieu, par une autre force dans la main, la force de la confiance en Dieu, par le silence même.

Pas un silence lourd, pesant comme celui qui s'installe parfois comme une chape de plomb entre 2 personnes. Mais un silence qui peut être rempli de Dieu. Un silence sacré.

Mais lorsque nous communiquons la parole de Dieu, elle doit sonner juste

et donc être en accord avec notre vie. Je cite dans le livre du Deutéronome : « la parole est toute proche dans ta bouche et ton

cœur «, elle n'est pas au ciel, ni au-delà des mers. Dieu aura une place sur nos lèves, s'il a une place dans nos vies. La parole de Dieu est pour l'humain et par l'humain. Cette relation indique que chacun renonce à une certaine autarcie, à une certaine complétude. Chacun s'ouvre à l'autre et fait ainsi une place à l'autre. Chacun des 2 accepte d'avoir besoin de l'autre. Les 2 acceptent de devenir un Je et un Tu dans cet instant du « Je mets mes paroles dans ta bouche « .

Parfois, nous sommes vides de Dieu.

La place de Dieu en nous reste vacante.

Parfois, nous sommes pleins de nous-mêmes

et il n'y a plus de place en nous pour Dieu.

La place de Dieu, c'est comme un creux en nous. Un creux qui ne demande qu'à être rempli par Dieu, par ses paroles, par Jésus Christ, Parole de Dieu .

Un creux ce n'est pas un vide, c'est un espace offert qui attend d'être habité.

Un creux, c'est un renoncement à du plein, un renoncement à être complets par nous-mêmes.
« Je mets mes paroles dans ta bouche « a dit Dieu. Alors faisons lui une place dans notre vie. Amen

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