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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte du 17 mai à ST Lô. "Moi je vous dis"

Ce dimanche 17 mai 2015, Chantal ouvre le culte par ces mots:

Voici le culte qui fait renaître en nous le désir et l'attente.

Voici ce temps où Dieu nous précède,

où Il nous invite au calme et à l'écoute.

Chantal a choisi de prêcher sur

Matthieu 5 versets 20 à 26 et sa prédication est inspirée par

Rédouane ES-SBANTI.

Musique

Prédication

Il y a des mots qui font du bien. Légers comme des papillons, parfumés comme des fleurs. Ils réjouissent nos relations humaines.

Il y a des mots qui font vivre.

Il y a des mots qui font mal. Lourds comme des obus, efficaces comme des torpilles, ils explosent et assassinent nos relations humaines.

Il y a des mots qui tuent.

Dans notre magasin intérieur, nous avons le choix des mots n nous avons les choix des armes. Nous pouvons même usiner les mots en fonction des situations ;

bricoler un langage amical ou au contraire des phrases meurtrières. Tout dépend de ce que nous sommes en train de vivre avec celui ou celle qui est en face de nous.

Nous faisons tous des écarts de langage ; un mouvement de colère, un geste de dépit et hop, les barrières sautent. Comme une soupape de sécurité, les mots bondissent, rugissent et mordent. Trop tard, le mal est fait. Notre interlocuteur, notre interlocutrice s'éloigne blessé ; il contre attaque pour nous blesser à son tour. C'est l'engrenage meurtrier de la violence, la spirale de la souffrance qui abîme nos relations humaines.

Qui de nous ne traîne pas comme un boulet ce genre de situation mal vécue, la mort d'une relation d'amour, d'amitié. Ce poids est lourd à porter et provoque un désordre intérieur difficile à assumer.

L’Évangile nous supplie d'arrêter l'engrenage ; de quitter cette pente qui nous conduit à une chute irrémédiable. L’Évangile nous invite à désarmer notre langage.

Que se passe-t-il lorsque, en colère, nous traitons quelqu'un d'imbécile, de fou ou autre injure ? Nous lui retirons le droit d'exister en notre présence, nous le punissons de ne pas nous ressembler suffisamment.

Nous pourrions dire qu'il dépassait les bornes, que notre colère était justifiée et même penser que nous lui avons rendu service. Mais est-ce qu'on aide quelqu'un à vivre en le tuant ? Même si 1000 arguments justifiaient notre attitude, nous resterions coupable d'attente à la vie de l'autre.

« Mais moi, je vous le dis … « Par cette première antithèse du sermon sur la montagne de l’Évangile de Matthieu, Jésus nous replace devant la volonté de Dieu que nous affadissons et dénaturons pour sauvegarder notre propre volonté avec nos élans et nos désirs humains.

La volonté de Dieu, Jésus a dû la dégager des traditions humaines, des couches de sédiments qui l'étouffaient ; il a dû balayer les us et coutumes des ses contemporains pour faire apparaître la volonté de Dieu dans tout son éclat, dans toute sa force. Jésus a accompli ce travail en accordant sa propre volonté à celle de Dieu, en servant Dieu et ses frères plutôt que de se servir lui-même.

Son obéissance à Dieu a revêtu toute sa personne, elle est devenue sa chair et son sang. Il l'a fait avec des paroles et des gestes d'amour. Il a redressé des corps et des vies tordues. Il a repris des exclus et des pêcheurs qui soulevaient la colère bien-pensante des gens pieux. Il est allé chercher et sauver ce qui était perdu ? Il a ainsi introduit sur cette terre, au milieu des hommes, un espace et un temps nouveau, l'espace temps du Royaume de Dieu. Dans cet espace temps, il a appris aux hommes qu'ils étaient aimés et appelés à la vie, et que la colère de Dieu ne retomberait pas sur eux.

La colère est tombée sur le serviteur obéissant, mort en croix, victime de la colère de ses contemporains. Il est mort sans colère. Son souci des autres, son souci du désordre intérieur, l'emportait sur le souci de sa propre personne. En aimant les siens jusqu'à la mort, en donnant ainsi sa vie, Jésus a cassé le cercle de la violence qui se nourrit de violence et aussi de violence verbale, en ne répondant pas aux injures par d'autres injures. Il a enrayé l'engrenage meurtrier au lieu de le huiler. Ce qui lui a coûté la vie et sa mort nous rend la vie.

Jésus nous a ouvert la possibilité de pratiquer une nouvelle justice : l'autre devient le critère de notre action. Notre justice l'emporte si nous travaillons à la réconciliation des hommes entre eux et cessons de fignoler la déroute des rapports humains plutôt que pour servir notre petit confort et nos privilèges particuliers.

Réconciliation. Ce mot fait rêver ! La réalité, à vue humaine, n'est pas à notre portée. Est-il encore possible de se réconcilier quand tout est cassé et dévasté entre nous ? Est-il possible de stopper l'hémorragie quand nos relations saignent ?

Lors de nos cultes nous venons célébrer notre réconciliation avec Dieu. La volonté de Dieu est que priorité soit donnée à la réparation de nos réparation de nos relations humaines. Inutile de nous présenter devant Dieu si nous ne voulons plus nous présenter devant celui qui nous en veut et à qui nous en voulons. En vérité, nous célébrons Dieu Lorsque nous vivons son amour entre nous. Le culte est le moment où nous présentons devant Dieu avec notre vie blessée pour être envoyés les uns vers les autres afin de remettre en marche ce qui est momentanément grippé. Dieu nous appelle à la vie, nous offre d'entrer dans sa vie et nous arrache à notre désordre personnel. Dieu ne veut pas que nous nous résignions à nos défaites.

Me voici avec le poids de ma relation morte, avec ma peur, entrain de frapper à la porte de l'autre pour lui demander pardon et lui offrir de se décharger de sa colère, de s'en défaire. Je ne sais pas comment je serai reçu ; la réaction de l'autre à mon égard ne m'appartient pas. Je vais lui offrir un espace temps où il pourra vivre, revivre, en ma présence. Je cesserai de l'agresser, de le harceler, de le démolir avec mes mots meurtriers. Je lui demanderai de m'accorder à moi aussi un espace-temps où je pourrai tenir ma promesse. Peut-être pourrons-nous nous présenter ensembles devant Dieu pour affirmer notre relation récucitée mais fragile et nous aider à ne pas la piétiner de nouveau par la lourdeur des mots.

Comme le dit le texte, nous sommes en chemin et tout est ouvert, tout est possible. Même si notre passé est encombré de choses déplaisantes, il nous est encore possible de laisser venir un espace-temps différent. Dans l'avenir que Dieu nous ouvre dès à présent, nous sommes appelés à entrer ensembles, en nous appuyant les uns sur les autres pour vaincre les blessures que nous nous sommes mutuellement infligés. Nous sommes appelés à nous mettre en marche pendant qu'il est encore temps à avancer dans la vie, vers la vie, en laissant la mort derrière nous.

Amen

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