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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte des rameaux Granville, "Allez délier l'âne"

Ce dimanche 20 mars 2016 Denis anime le culte des rameaux.

Voici la prédication qu'il a proposée:

La descente du mont des oliviers. Luc 19 : 29-40

Jésus approche Jérusalem, mais Luc ne montre pas l’entrée proprement dite de Jésus à Jérusalem, mais dans ses faubourgs, sur les pentes du mont des oliviers. Je vous propose une lecture de ce récit attentive aux symboles.

Jésus approche deux petites localités : Betphagué : la maison des figues non mûres. Le nom de cette localité nous rappelle le figuier maudit , dans l’évangile de Marc, car il ne portait pas encore de fruits. Des figues en attente de mûrir. Betanie est selon une étymologie possible la maison de la source. Nous sommes près du mont des oliviers, à 3km de l’entrée de Jérusalem. Source, olivier, figuier encore vert, éléments naturels, promesse du printemps qui vient.

Jésus envoie en délégation deux disciples. Il opère une véritable mise en scène : «Allez au village en face ». Jésus reste à distance. Il délègue. Il ne voit pas, mais prévoit « un ânon », pas un cheval mais un âne, animal si fréquent dans le Moyen Orient, animal humble, mais fidèle qui connaît, selon Isaïe, la crèche de son maître. L’animal de la crèche est là pour le dernier voyage de Jésus sur cette terre, avant sa mort. D’ailleurs, ce n’est même pas un âne, mais un ânon, un petit âne, un âne encore jeune, qui n’a jamais servi de monture. Jésus se réserve un animal qui lui aussi fera sa première entrée comme animal monté par un homme. Cet animal doit être délié, libéré. On ne porte pas le Christ sans avoir été d’abord libéré. Aux questions possibles et compréhensibles : « pourquoi détacher cet âne ? » , Jésus dicte une réponse énigmatique : « Le Seigneur en a besoin ». Quel Seigneur ? Kurios : le mot même, qui s’il n’est suivi de rien, désigne l’Eternel, YAHWEH. Association (identification même) à Dieu lui-même ! Comme l’ânon Jésus vient nous chercher, nous libérer car il a besoin de nous.

La conformité de la prévision se trouve confirmée : les envoyés trouvent l’ânon, mais aussi ses maîtres. Les maîtres de nos vies sont eux aussi surpris quand l’appel de Jésus s’interfère entre eux et nous. Mais ces maîtres laissent faire. Nul ne peut nous retenir prisonniers, quand Jésus nous appelle.

Les hommes amènent l’ânon à Jésus et couvrent l’animal de vêtements, de leurs vêtements. Recevoir Jésus exige ce dépouillement préalable. Qu’avons-nous a déposer pour que le Christ entre royalement chez nous ?

Alors commence le triomphe de Jésus, non pas celui d’un imperator, comme Tibère à la même époque, debout sur un char, ou montant un cheval, mais sur le petit d’une ânesse, signe de l’humilité messianique. Pas de rameaux, de branchages dans ce passage de Luc, mais les vêtements sur la route. Jésus fait son chemin sur le peu qu’on lui donne. Le triomphe de Jésus n’est pas de passer sous une arche dans une grande avenue de ville, dans un forum, pas même dans les rues peuplées de Jérusalem, mais de descendre le chemin d’une colline couverte d’oliviers. Comme le jour de sa naissance, la colline se couvre d’acclamation, de cris de joie, et de louange. « Paix sur la terre » on chantait à Noël pour le bébé Jésus, « Paix dans le ciel » on crie aux Rameaux pour l’homme Jésus. Comme si cette descente sur un âne prenait une dimension nouvelle, cosmique, et même dans l’au-delà. Jésus est acclamé comme roi. Titre bien dangereux, ce sera quelques jours plus tard, le motif cloué sur la croix de son exécution.

Acclamer un roi sur le mont des oliviers, à quelques km de Jérusalem ne gêne pas que les Romains. C’est dangereux d’acclamer un roi sur le mont des Oliviers, c’est même un blasphème puisque c’est la montagne messianique où Dieu YHWH pose les pieds selon le prophète Zacharie. D’où la réaction scandalisée des pharisiens.

Qu'importe que la foule ne mesure pas complètement ce qu'elle dit, que cet enthousiasme est ambigüe et que peut-être les mêmes gens crieront quelques jours plus tard: "Crucifie le". Goûtons ce temps suspendu et associons nous ici à Granville avec la foule du mont des oliviers: "Jésus est le roi. Hosanna".

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