Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pages

Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Culte de pentecôte 2016 Granville.

Ce dimanche 15 mai, Michel anime le culte de Pentecôte: fête de l'Esprit Saint. Qu'est ce que l'Esprit Saint? Michel nous propose sa réponse....

~L’Esprit, l’Esprit saint, le saint Esprit… Depuis longtemps, depuis le début des temps, cet Esprit pose question et nous questionne. Question difficile s’il en est… J’avoue que je ne comprends pas bien le dogme primitif de la Trinité puisque l’Evangéliste Jean écrit que Dieu est Esprit et que c’est en Esprit qu’il faut l’adorer. Grâce à cette confession de foi, nous savons que le Dieu de la Bible n’est pas une personne, ni un totem, ou une idole. Dieu est à la fois, celui qui agit dans le monde avec puissance (ce qu’on désigne en parlant du Père), celui qui donne du sens au monde (ce qu’on nomme le Fils). En lui y a unité de la puissance et du sens (ce qu’on appelle l’Esprit). La doctrine trinitaire ainsi comprise…affirme que Dieu est une puissance qui a du sens ou un sens qui a de la puissance.

~Dans Joël, au chapitre 2, nous pouvons lire : « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur tous : •Vos fils et vos filles parleront en prophètes, •Vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des rêves. Oui, sur mes serviteurs et mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils parleront en prophètes

Deux lectures sont faites:

Romains 8:8-17

Actes 2:1-11

Voici la prédication:

~Comment se fait-il que la Bible nous raconte, que le jour de la Pentecôte, la présence de Dieu s’est faite si évidente que personne ne pouvait en douter, alors qu’aujourd’hui on a peine à discerner la présence de Dieu dans notre société ? A la suite de ces merveilles, le monde est cependant resté comme avant. La famine menace encore tant de gens alors que la moitié de la planète se dit chrétienne et que l’Evangile leur enseigne à partager. Que faut-il en penser ? Comment se fait-il aussi que beaucoup de chrétiens vont célébrer la Pentecôte et que déjà ils pensent qu’il ne se passera rien de vraiment spectaculaire pour sauver ceux qui sont en grande difficulté ? Ils pensent que la solution n’appartient pas à Dieu et qu’il se contente de s’intéresser à l’âme des humains sans intervenir vraiment dans leurs problèmes matériels. Ce constat, en me faisant douter des chrétiens, me fait évidemment douter de Dieu et de la réalité de ce qui s’est vraiment passé lors de la première Pentecôte. La mondialisation semble avoir provoqué un effet pervers sur les âmes et personne ne sait plus vraiment sur quel chemin on peut rencontrer Dieu. Telle l’autruche qui se met la tête dans le sable pour ignorer l’environnement qui la perturbe, nos contemporains font semblant d’ignorer les sollicitations du monde pour ne s’intéresser qu’à leurs problèmes spirituels. Si nous avions de la foi, gros comme un grain de moutarde, tout changerait et nous vivrions à nouveau un printemps de l’Eglise, ai-je envie de dire à nos contemporains, alors que nul ne sait quelle est l’unité de mesure capable d’apprécier la foi des autres et la mienne. A peine ai-je dressé ce tableau désabusé sur le monde de la foi, que j’entends déjà une voix intérieure qui m’accuse, moi, d’être un homme de peu de foi. Qui es-tu toi qui juges tes frères pour les mettre aussi facilement en accusation ? Cette attitude qui consiste à culpabiliser les autres à cause de leur faible foi ou de ne pas avoir la vraie foi, ne mène à rien. Il me semble que le Seigneur nous invite à nous poser les questions autrement. On pourrait également les poser ainsi : « Qu’en serait-il du monde aujourd’hui, si les grandes vérités de la foi chrétienne n’avaient pas été proclamées à Pentecôte ? Qu’en serait-il du monde contemporain si les chrétiens, malgré leur timidité et leur repli sur eux-mêmes n’avaient pas affirmé que l’amour du prochain était premier par rapport à toute autre chose ? Qu’en serait-il si, au nom de Dieu, les chrétiens ne s’étaient pas fait les défenseurs de l’espérance ? » Bien sûr, après la première Pentecôte les injustices ont continué pendant des siècles. On n’a pas non plus cessé de massacrer les hérétiques et l’esclavage a perduré, mais le processus était engagé. Certains croyants ont commencé à avoir mauvaise conscience et le phénomène s’est étendu de proche en proche. Il a fini par se généraliser, même si cela a pris des siècles. Les droits de l’homme se sont imposés pour devenir la règle du fonctionnement du monde contemporain. Il est vrai cependant que ce sont des athées qui s’en sont servi comme cheval de bataille. Ils en ont profité pour accuser les chrétiens de passivité, mais c’est bien dans l’Evangile que l’on a puisé ces idées généreuses. A partir de là, elles se sont imposées au-delà du monde chrétien. Si les hommes ont éprouvé le besoin de venir au secours des plus démunis et s’ils ont eu mauvaise conscience de ne pas le faire, c’est parce qu’un jour l’Esprit est descendu sur une poignée d’hommes et de femmes et qu’il leur a donné l’audace de dire des vérités cueillies sur les lèvres de Jésus, conservées dans leurs cœurs et plus tard inscrites dans l’Evangile. L’Esprit a alors silencieusement poursuivi son travail jusqu’à ce que les vérités évangéliques s’imposent comme des vérités humaines. Bien évidemment le monde n’est toujours pas idyllique, et d’aucun trouve qu’il n’est pas en progrès mais en nette régression ! La surpopulation du monde habitable paraît aller plus vite que la découverte de nouvelles méthodes pour mieux nourrir les masses. Le réchauffement de la planète semble devoir aller plus vite que la prise de décisions qui permettraient de le combattre. Il est vrai que les Eglises restent apparemment silencieuses et que les alarmistes s’évertuent à donner mauvaise conscience aux hommes et à annoncer des lendemains sombres pour l’humanité. Il n’empêche que personne n’a encore réussi à étouffer l’espérance !! L’espérance c’est la faculté de croire que la puissance de vie que Dieu a mise en nous sera toujours capable de dominer les pires situations. C’est dans ce seul mot d’espérance que réside alors la vraie force que Dieu a mise en nous. C’est cette possibilité qu’il nous a donnée de ne jamais baisser les bras et d’agir de telle sorte qu’un sursaut de vie est toujours possible, même quand tout semble prétendre le contraire. Cela signifie qu’il y a désormais un pacte entre Dieu et les hommes en vertu duquel aucune force, ni aucune puissance ne peut détruire la capacité d’amour que Dieu répand sur le monde. Notre perception du monde se trouve transfigurée par cette espérance, même si les milieux alarmistes s’efforcent de brosser une image catastrophique de l’avenir. L’avenir que nous découvrons par la foi est différent du monde qu’il nous est donné de voir au travers du témoignage des hommes. Les amis du Seigneur ont eu cette vision du monde transfiguré lors de la première Pentecôte. Jésus avait annoncé la venue d’un courant novateur qui devait transformer le mode vie de chacun. Il leur avait promis que tous pourraient dialoguer avec Dieu dans un monde nouveau. Alors qu’ils attendaient et espéraient la fin du monde et la création d’un Royaume céleste, c’est en fait le ciel qui est descendu, et c’est Dieu qui s’est invité à vivre parmi les hommes dans une relation nouvelle, ici-bas, sur terre. C’est l’expérience qui nous a été relatée dans le texte que nous avons lu et qui doit se répéter aussi longtemps que l’humanité devra partager cette terre avec Dieu. Pourtant nous vivons comme si cette euphorie de la première Pentecôte était dépassée et nous regardons l’avenir comme si l’enthousiasme de l’Esprit s’était essoufflé. En fait, à y regarder de près, nous constatons que l’Esprit ne souffle pas dans le sens où vont nos désirs, si bien que nous vivons dans l’insatisfaction d’une société qui nous déçoit car nous voudrions, tout à la fois, que tout change et que rien ne change. Nous aimerions retrouver le confort spirituel de nos pères et nous aimerions conserver en même temps la manière de vivre que nous avons et qui est incompatible avec le partage nécessaire avec tous les hommes de cette terre. Nous souhaitons sans y croire que les technologies modernes réaliseront pour nous le miracle de sauver les plus démunis sans changer notre mode de vie. Nous redoutons de découvrir que la bonne nouvelle de l’Evangile, pour notre société, est d’aspirer joyeusement à une révolution dans les mentalités qui nous amènerait à préconiser une régression du niveau de vie chez les uns pour faciliter l’évolution des autres. Cela devrait être envisagé comme un programme à mettre en place sur toute la planète et bien entendu dans le monde occidental. Il est évident qu’en vous disant cela je divague hors des chemins raisonnables, même si je dis en même temps qu’une telle perspective ne peut être envisagée par les hommes que si l’Esprit de Dieu les accompagne et leur met au cœur de la vivre comme une affirmation de notre espérance. C’est sans doute ce message que l’Esprit confie aujourd’hui aux Eglises et qu’elles ont tant de mal à traduire dans des termes acceptables, bien qu’elles risquent des ouvertures timides dans ce sens. Dieu, quant à lui, se refuse à n’être qu’une source de confort extérieur qui donnerait un bien être spirituel à des croyants qui voudraient ne rien changer dans un monde qui est en mutation constante. La garantie de construire heureusement l’avenir se trouve dans le partage. C’est ainsi que vont les choses depuis longtemps. Les croyants partagent leur foi, ils partagent le pain et le vin de la cène, ils partagent l’espérance que Dieu leur donne. Ils doivent s’habituer à l’idée de partager la planète. C’est de cette notion de partage que l’Esprit de Dieu a besoin pour féconder le monde, comme il le fait depuis le commencement, et c’est dans la mesure où les hommes participeront à ce mouvement qu’ils retrouveront l’espérance qu’ils désespèrent de ne plus avoir vraiment ! L’Eglise restera fidèle si elle accepte d’être le lieu où ce partage est possible, et c’est en participant activement à ce partage que les femmes et les hommes que nous sommes retrouveront foi en l’avenir. AMEN

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article