Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pages

Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Être des gestionnaires habiles?

Ce dimanche 18 septembre, en cette journée du patrimoine, Denis anime le culte.

Deux lectures bibliques ont été faites:

- Jérémie 12: 7-13

- Luc 16: 1-13

Voici la méditation proposée:

« Etre des gestionnaires habiles ? » Luc 16 : 1-13

Ce dimanche est jour de patrimoine. Le patrimoine, c’est ce bien hérité que nous transmettons. Entre ce que nous avons reçu et ce que nous transmettrons, il y a la gestion. Le ministère nous invite à réfléchir sur les liens entre patrimoine et citoyenneté. L’Evangile nous interroge lui sur les liens entre la gestion et le service.

La lecture de l’Evangile de ce dimanche peut nous rendre mal à l’aise, aussi bien par la parabole qui l’ouvre, que par les paroles qui la suivent.

Jésus nous raconte d’abord une histoire douteuse, celle d’un gestionnaire à qui on demande des comptes. Cela arrive, même à des chefs d’entreprise, même à des ministres, même à des responsables d’Eglise. Non seulement on remet en cause sa bonne gestion, mais on lui signifie son proche licenciement. Avez- vous noté que notre homme écarte tout de suite l’idée de travailler (trop dur pour lui). Mendier ? Non, notre homme a sa dignité. Alors il va s’arranger:il va magouiller, il fait le tour des débiteurs de son maître, il réduit notablement les dettes. Pourquoi ? Pour s’en mettre une dernière fois dans les poches, puisque selon les habitudes romaines qui on duré très longtemps, le gestionnaire se payait directement sur ses opérations financières, comme les publicains, ceux qui levaient l’impôt se payaient sur l’argent prélevé. Ce n’est pas très glorieux. On lirait cela sur les journaux, dans les réseaux sociaux, on serait scandalisé, autant que par ceux qui mentent sur les comptes, dissimulent des placements, accusent des morts ou leur femme….

Le maître n’a pas été dupe, mais à notre grand étonnement, Jésus n’en tire pas une leçon sur la malhonnêteté, mais au contraire admire le gérant trompeur qualifié de φρονίμοως, intelligent, habile. Alors Jésus admire-t-il les escrocs malins, les loups de Wall Street qui au bord de la déroute font encore une dernière arnaque ? L’évangéliste n’utilise pas un vocabulaire éthique, mais celui de l’habileté, il ne dit pas que c’est bien, mais que c’est futé. Après tout, le serpent de la Genèse aussi était « rusé ». En quoi c’est si habile, et surtout en quoi cela peut-il être transposé à ceux qui sont dans la lumière du Christ ? C’est habile, car dans les affaires, il n’y a pas que des lignes comptables, par ce qu’en réduisant les dettes, notre homme s’est construit d’autres crédits, ceux de la reconnaissance, il se reconstruit un réseau pour de futures affaires. Et là, on peut transposer au royaume de Dieu : comment la gestion de notre patrimoine d’Eglise peut-il être fécond en relations humaines ? Comment faire fructifier tout ce que nous avons reçu (sacrements, Parole biblique, réseau, histoire, patrimoine matériel )au service des autres ?

Les paroles qui suivent peuvent également nous mettre mal à l’aise, cette fois ci par leur radicalité. Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et l’argent. Jésus dans les Evangiles est souvent très dur avec l’argent et avec les riches. C’est un sujet délicat, car beaucoup d’entre nous avons maison, biens placements bancaires plus ou moins fructueux, et nous pourrions vite etre hypocrites, nous arranger : « l’argent que j’ai n’est pas mon maître, c’est juste un moyen », toujours vrai ? Et un moyen au service de quoi, de qui ? L’Evangile comme disait Kirkegaard est un splendide miroir et nous sommes invités non à regarder le miroir, mais à nous regarder dans ce miroir.

Le livre de Jérémie nous donne une autre perception du patrimoine : Israël, le peuple qui a fait alliance avec Dieu est l’héritage de Dieu. Pourtant entre l’héritage et son possesseur, il y a du désamour. Cet héritage est menacé, vers 602 av JC, au moment où est écrit ce passage, Moabites, ammonites et Edomites sont autorisés par le roi Nabuchodonosor à faire des incursions en Palestine.

Jérémie accuse les mauvais gestionnaires : ils se sont épuisés sans profit. C’est ce danger toujours possible dans notre Eglise de s’épuiser dans des actions qui ne produisent pas du fruit…

La Bible nous interroge donc sur la gestion de notre patrimoine, notre patrimoine personnel, celui de l’Église, en oubliant pas que nous sommes les intendants du patrimoine de Dieu. Comment bien gérer ? Etre habile gestionnaire ?Et evidemment la question ne se pose pas qu’au trésorier de la paroisse.

Alors qu’est ce qui me détourne de mon prochain et de Dieu, l’habile gestion pas toujours honnête ou l’hypocrisie des grands principes qui s’accomodent dans le quotidien par mille arrangements avec notre conscience, mille petites infidélités ( travail au noir, contournement des lois fiscales, petits profits au détriment des autres etc) ? Que Dieu nous aide à voir clair, qu’il nous rende habile comme le gérant, mais désintéressé comme le Seigneur Jésus.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article