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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Etude biblique granvillaise 2016, l'épître de Jacques.

Le mardi 13 septembre 2016, nous voici réunis, frères et soeurs chrétiens de Granville, catholiques et protestants, autour de Denis pour une nouvelle saison de lecture. Cette année, nous lisons l'épître de Jacques. Le pasteur Basile Zouma de l'Eglise protestante unie de France nous fait l'amitié de sa présence.

Ἰάκωβος θεοῦ καὶ κυρίου Ἰησοῦ Χριστοῦ δοῦλος ταῖς δώδεκα φυλαῖς ταῖς ἐν τῇ διασπορᾷ χαίρειν.

Ainsi commence en grec l'épître de Jacques.

Qu'est-ce que l'épître de Jacques? Un petit livre de la Bible, situé dans le Nouveau Testament, après la lettre aux Hébreux.

En quelle langue a-t-elle été écrite? en grec, un grec bien maîtrisé, percutant, où se retrouvent beaucoup de tournures hébraïques.

Qui a écrit l'épître de Jacques? C'est une question très débattue jusqu'à aujourd'hui. Denis expose les différentes hypothèses, pour en arriver à cette proposition: l'épître de Jacques aurait été écrite par un juif converti au Christ, maîtrisant bien le grec, au nom de Jacques, frère ou parent de Jésus de Nazareth, un homme qui aurait dirigé la première communauté judéo-chrétienne de Jérusalem.

Où a été écrite cette épître? Aucune certitude. Sans doute non loin de la maison mère (l'Eglise de Jérusalem): Alexandrie, Césarée, Antioche?

Quand? Dans sa version actuelle à la fin du premier siècle.

Petite histoire de l’épître de Jacques:

La formation de l’épître de Jacques :

7 avril 30, date très probable de la mort de Jésus de Nazareth.

Jacques, « frère du Seigneur » dirige l’Église judéochrétienne de Jérusalem.

47-48, première mission de Paul

49 assemblée de Jérusalem.

Vers 51, rédaction de la première lettre aux Thessaloniciens.

62, mort de Jacques, lapidé.

Vers 65 l’évangile selon Marc.

Août 70 prise de Jérusalem et incendie du temple par les Romains.

80-90 ? hypothèse de la rédaction définitive de l’épître de Jacques, basée sur l’enseignement de Jacques (57-62).

Une réception tardive en occident :

Epître de Jacques absente du canon de Muratori (fin du 2eme siècle?) qui établit une liste des textes du Nouveau Testament comme révélés par l’Église de Rome.

Epître de Jacques mentionnée par Origène(mort en 254) comme un livre de l’Ecriture.

La canonicité de l’épître de Jacques est clairement admise par l’Église d’Alexandrie (IV eme siecle).

Eusèbe de Césarée au IV eme siecle la range au nombre des écrits contestés.

Admise au canon du concile d’Hippone en 393.

canon : catalogue des livres officiellement considérés par les Eglises comme inspirés par Dieu.

L’épître de Jacques au moment des Réformes :

Luther très méfiant : « Je tiens pour bonne l’épître de Jacques…. Mais comparée à eux (autres livres bibliques) elle est une vraie épître de paille (strohene Epistel) » Préface au Nouveau Testament, 1522.

Calvin n’a pas de réticence : « Je reçois volontiers l’épître de Jacques… Elle est pleine de diverses et bonnes doctrines, desquelles l’utilité s’étend bien loin à toutes les parties de la vie chrétienne », commentaire sur le Nouveau Testament, 1554

Les Réformes catholiques sont soucieuses de fonder la doctrine de la justification sur le consensus de saint Paul et de saint Jacques. L’épître de Jacques traite du progrès dans la justification que jalonnent les œuvres bonnes. (Concile de Trente 1545-1562).

Quelques réflexions plus tardives :

Baur, théologien allemand : Jacques est un praticien, Paul un théoricien. Ils ne parlent pas de la même chose : foi en Dieu fondée sur le Christ, chez Paul ; connaissance religieuse chez Jacques ; les œuvres de la loi mosaïque chez Paul, les actions morales chez Jacques.1845.

Kierkegaard. L’épître de Jacques nous invite à nous regarder dans le miroir de la Parole plutôt que de regarder le miroir. « Quand tu la lis, tu dois constamment te dire : c’est de moi qu’il s’agit ». 1855

Pour aller plus loin :

Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de Camille Focant et Daniel Marguerat, Bayard, commentaire Odile Flichy, 2012.

Jacqueline Assaël et Elian , l’épître de Jacques, commentaire du Nouveau Testament, Labor et Fides, 2013.

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