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Publié par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud.

Ce dimanche des rameaux, Michel préside le culte à Granville.

Les passages de la Bible qui ont été lus sont les suivants:

Esaïe Chapitre 50 versets 4 à 7

« Le serviteur du Seigneur »

Lettre aux Philippiens Chapitre 2 versets 6 à 11

« L’humilité et la grandeur du Christ »

Evangile selon Luc Chapitre 19 versets 28 à 44

« Entrée royale à Jérusalem et pleurs sur la ville »

Dimanche des Rameaux, dimanche de joie populaire dans notre calendrier liturgique, jour de fête comme à Noël, jour d’ouverture de la semaine sainte !!

Jésus donne des instructions et en toute confiance, les disciples obéissent. Le scenario se déroule comme prévu. L’ânon, que personne n’a jamais monté est là. Pourtant rien n’est évident.

Jésus jusqu’à ce jour, a toujours ordonné à ses disciples de ne pas dévoiler sa véritable identité. Pourtant ces versets soulignent la royauté du Christ, et il ne réagit pas. Il semble même se préparer à cet accueil royal. Il laisse à chacun ses convictions.

Cette situation nous rappelle un passage similaire du premier livre des Rois où nous retrouvons le récit du sacre de Salomon (1 Rois 1, 33-40). Nous lisons :

« David dit : Rassemblez les soldats qui me sont fidèles. Faites monter mon fils Salomon sur ma mule et conduisez-le à la source du Guihon…Le prêtre Sadoc a pris la corne remplie d’huile dans la tente du Seigneur. Il en verse sur la tête de Salomon pour le consacrer comme roi. Alors on sonne de la trompette et tout le monde se met à crier : Vive le roi Salomon ! puis tous reviennent à Jérusalem en marchant derrière lui, ils montrent une joie si grande que leurs cris font trembler la terre. »


 

La foule, en ce jour des Rameaux, se souvient de ce récit entendu à la synagogue. Leur attente d’un roi glorieux, rétablissant le royaume de David, chassant l’occupant romain, est enfin exaucée à leurs yeux.

Les avertissements de Jésus, sur sa destinée, en montant à Jérusalem, sont bien oubliés. Personne ne veut s’en souvenir. Il est beaucoup plus réjouissant de ne garder que la vision, le rêve, l’espérance d’un futur joyeux, glorieux, plus valorisant que l’annonce d’une mort infamante sur la croix, même suivie, trois jours après, de la Résurrection. Plutôt que de comprendre le message de Jésus, les disciples et le peuple s’accrochent à leur attente, pensent que Dieu interviendra directement pour résoudre leurs problèmes en envoyant un roi, un Messie.

Nous aussi, nous attendons des interventions de Dieu dans notre vie qui répondraient à nos désirs plutôt que d’écouter sa volonté à travers la Bonne Nouvelle. La forme de nos prières est d’ailleurs le plus souvent tournée vers les demandes et peu vers la louange et la reconnaissance !Il ne dit aucune parole pour rappeler ses avertissements antérieurs, pour rappeler l’humilité de sa royauté. Il laisse la foule, les disciples à leur joie.

L’oracle de Zacharie s’accomplit enfin concrètement après quatre siècles d’attente. En effet, nous lisons dans la deuxième partie du livre de Zacharie au chapitre 9 : « danse de toutes tes forces, ville de Sion ! Oui, pousse des cris de joie, Jérusalem ! regarde, ton roi vient vers toi. Il est juste, victorieux et humble. Il est monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. A Ephraïm, il supprimera les chars de guerre, et à Jérusalem, il supprimera les chevaux. Il cassera les arcs de combat. Il établira la paix parmi les peuples. »

De ces propos, tant entendus, la foule ne retient que l’annonce de la venue d’un roi glorieux monté sur un ânon. De même, les annonces de Jésus sur les suites de sa venue à Jérusalem sont loin de leurs pensées. Seule demeure la joie toute simple de ce jour d’exaltation, avec la réalisation de leurs désirs !

 

Mais en quelques jours tout va être bouleversé. Parmi ceux qui ont vécu cette journée d’enthousiasme, beaucoup crieront « à mort » et les disciples abandonneront le Maître tant aimé. Il sera trahi, renié.

Les disciples, la foule vont abandonner ce roi, tant attendu. Seules la mort et la résurrection vont le rétablir dans son statut royal de fils de Dieu, mais en roi pacifique, aimant, humble et serviteur, royauté à l’opposé à celle de David !

L’exaltation, la joie de cette journée des Rameaux ont aveuglé la foule et les disciples. Pendant les jours suivants, jusqu’à ce vendredi dramatique, leur exaltation s’est peu à peu effacée pour laisser la place à un doute profond. La même question se repose : « Et pour vous, qui dites-vous que je suis, »

Le roi triomphant, glorieux est oublié. L’arrestation de Jésus interrompt cette espérance du rétablissement d’un nouveau royaume terrestre marquant la libération des Hébreux.

Nos vies sont traversées de tels moments de joie, d’exaltation intense, suivis de douloureuses périodes d’inquiétude, de questionnement, de désespérance. Le monde s’effondre autour de nous.

Dans la souffrance, certaines personnes s’éloignent de Dieu, d’autres, au contraire, se tournent vers lui pour chercher un secours. Les uns doutent même de l’existence de Dieu en constatant les drames qui les environnent et où Dieu n’intervient pas directement pour rétablir le Bien. Le mal, la mort semblent seuls régner.

 

Les moments de joie, d’exaltation sont oubliés, comme si l’espérance était vaincue. Et pourtant Dieu est présent et la vie, la joie pourront à nouveau triompher, si on l’accepte. Esaïe, dans le texte que nous venons de lire, ouvre la porte à l’espérance après des années d’errance, de déportation, de désespoir. Il dit : « Le Seigneur Dieu vient à mon secours ».

Mais il y a aussi un signe de solidarité humaine. Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes « le prochain » les uns des autres et Esaïe nous le rappelle :

« Le Seigneur m’enseigne ce que je dois dire pour encourager celui qui n’a plus de force chaque matin, il me réveille pour que j’écoute comme un bon disciple. Le seigneur Dieu m’ouvre l’oreille, et je ne résiste pas, je ne recule pas. »


 

Mais pour cela il faut croire.il ne faut pas se laisser enfermer dans ce monde de la toute puissance de l’homme, de la toute puissance de la mort.

Cette situation ma rappelle l’histoire de JaÏrus dans l’Evangile de Marc. Ce chef de synagogue accourt vers Jésus plein d’espérance. Sa fille est malade. En cours de cheminement, les serviteurs de Jaïrus viennent lui annoncer la mort de sa fille. C’est un drame pour ce père. Tout s’effondre autour de lui. Le désespoir s’empare de lui, mais Jésus le relève en lui disant : « Ne crains point, crois seulement. »

Oui, la foi est source d’espérance, de paix et de vie.


 

La foule, les disciples, en ce dimanche des Rameaux, ont vécu, jusqu’à Pâques des moments de joie, des moments de désespoir. Eux ne savaient pas la suite des événements. Pour nous, revivre cette période de la vie de Jésus nous est plus facile car nous connaissons la suite de cette montée à Jérusalem.

Alors, comme les participants à ce premier dimanche des rameaux, essayons de vivre cette période de l’année avec autant d’enthousiasme, de ferveur, d’espérance en sachant qu’il y aura la crucifixion, mais aussi la résurrection. Préparons-nous à ce jour de Pâques, moment central pour la chrétienté, car la résurrection est source principale de notre foi.


 

Revivons cette semaine de souffrance, de désespérance, dans la lumière de Pâques. Et pour terminer écoutons ce que nous dit Paul dans sa lettre aux Philippiens : « Je suis sûr d(une chose : Dieu, qui a commencé en vous un si bon travail, va le continuer jusqu’au bout, jusqu’au jour où le Christ Jésus viendra. »


 

AMEN

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